Ecrire !

Écrire, pour qui, pour quoi ?

J’ai toujours eu, aussi loin que j’arrive à remonter dans le temps, le besoin d’écrire : des poèmes, des lettres, de courts récits.
Il y a eu, bien entendu, les « rédactions » interminables qui étaient censées relater, en deux feuilles, mes vacances d’été : il m’en fallait 8 ou 10 des feuilles… Je n’avais pas encore le sens de la « compression ».

Mais, il y a parfois des détails qui permettent de mieux faire découvrir les choses, de promouvoir l’évasion, de faciliter le voyage ou le transport, ailleurs et parfois dans le temps. C’est dans les 6 à 8 feuilles noircies d’idées supplémentaires que sont relatés ces détails.

Des détails qui font de grandes choses parfois.

Il y aussi tous ces petits phénomènes qui apparaissent dans la tête de certains d’entre nous, celles et ceux qui croient aux fées, aux petits lutins, aux rayons de lumière qui parlent… Cela se passe essentiellement la nuit, quand tout le monde dort, vous vous en doutez.
Ils nous parlent, nous tiennent par la main, nous guident dans nos idées, et surtout comment les aligner, les ranger, les faire ressortir au bon moment ; enfin, ils sont ce petit plus qui nous fait écrire des romans ou des récits de plusieurs centaines de pages, réalistes ou imaginaires, réels ou romancés, pragmatiques ou utopiques.

J’ai une muse, comme tous ceux qui écrivent.

Je l’ai rencontré un matin de l’hiver 1963, sur un lit d’hôpital.
Elle était petite et je n’ai pas pu la voir.
Elle était encore enfermée dans un cocon humain, comme dans un « oeuf protecteur », trop protecteur, si protecteur qu’il a préféré la garder.
Mais elle parlait déjà, avec des mots que seul, je pouvais entendre.
Elle s’appelle GLORIA, enfin, c’est ce qu’elle me dit car elle n’a pas vécu et personne n’en sait rien. Sauf peut-être moi. Ou alors, je l’ai simplement imaginée. Mais elle me manque. Il y a comme un trou en moi ! Et ça, cela ne s’imagine pas !

En fait, c’est elle qui écrit la nuit !
Ma jumelle, mon double.